Le marathon de Paris n'a jamais été un marathon que je souhaitais faire en particulier. Alors pourquoi j'y suis allée? A cause et grâce à notre ami Colimaçon.
Tout a commencé fin Septembre, après le marathon du Médoc, Colimaçon m'a harcelé pour que je rejoigne Nono l'Escargot et Taz sur le parcours.
J'étais très très tentée, mais quelle organisation, et puis l'idée de se replonger dans une préparation marathon, en plein hiver en plus, et l'aspect financier, faut avouer, me retenaient. A force de persuasion (Coli est très fort pour çà), je me suis inscrite comme tout le monde courant Octobre. Voilà, maintenant je suis le numéro 44508, couleur rose, objectif 4H45-5H.
Mon précieux sésame acheté, reste le problème du logement pour la provinciale que je suis. Coli m'a proposé de m'héberger pour mes quelques jours à la capitale. Merci beaucoup.
Je suis triste que Bigout ne m'ait pas accompagné, car, comme il n'aurait pas couru (oui dans trois semaines, il fait le marathon de Lyon), il aurait pu me voir arriver pour une fois sur un marathon, et puis on aurait passer un w-e ensemble à Paris. Tant pis....
La bonne surprise pour moi, c'est la présence d'Astra Wally (Laurent), invité par Colimaçon. Grrr, Brice tu le paieras cher de ne pas avoir voulu m'accompagner, on aurait passer un super w-e tous ensemble réuni.
Je vous préviens, mon récit risque d'être long, car ce que vous venez de lire était le préambule, j'ai juste posé le cadre, maintenant place au véritable récit, soyez courage, je suis une vraie pipelette, quand je suis contente
Vendredi 4 Avril :
Levée à 6h, j'ai le train à 7h30. Pff si je pouvais me lever aussi facilement pour aller au boulot. La veille, Brice (Bigout pour ceux qui se mélange les prénoms et les pseudos) me dit qu'il m'aurait bien accompagné à la gare. Bon je me décommande auprès de l'autre personne en m'excusant, et précise bien à Brice : « Pas de blague, tu es à l'heure, ce n'est pas une course, c'est mon train pour Paris, alors tu es à l'heure. » « Oui, t'inquiète pas, tu l'auras ton train ». La pression monte.
A Narbonne, je retrouve Clémentine 2513 (Cathie) avec plaisir. Inutile de vous dire le sujet de conversation : nos bobos respectifs, la pression qui monte, la joie, la peur aussi.......
Le trajet se fait rapidement, car en plus d'être avec Cathie, je discute pendant bien 2h30 avec un charmant pompier.
Arrivée à 12h41 à la gare de Lyon à Paris, je suis accueillie par Colimaçon (Say), Nono l'Escargot (Noëlle) et Taz28 (Sandrine), et ..... une zolie tasse de Paris, en guise de bienvenue. Merci Sandrine, tous les jours au travail maintenant, je me souviendrai de ce w-e formidable.

Taz, Nono l'Escargot et Moumie

On trinque à ta santé Taz
Nous quittons Clémentine qui part rejoindre sa famille et nous allons manger japonais. Ensuite, direction le marathon Expo pour le retrait des dossards.
Là, ça y est, nous y sommes, on ne peut plus reculer.

Taz, Colimaçon et Nono
Et c'est la rencontre de kikoureurs : JLW, Nono-la-Robote, Hemerodrome, Jack26, Le Bagnard, Benoît Laval. Excusez-moi si j'en oublie.
Ca discute, ça rigole, tout le monde fait le malin, mais demain on rigolera moins. Enfin, pourquoi tant d'inquiétude, alors que ce n'est qu'une coursette, un échauffement de 42kms seulement que nous allons faire, hein Coli?
Avant de partir du marathon Expo, je retrouve Eric Vidal, l'organisateur de la Corrège et le président de mon Club Courir à Leucate. Je suis contente, j'ai l'impression d'être moins seule.
Allez, mine de rien, il se fait tard, nous allons manger un bout, et partons chercher Astra Wally (Laurent), qui est également hébergé chez Coli.

Astra Wally, Nono, Coli
Samedi 5 Avril :
Réveil tranquille,ou presque. En voulant m'étirer, crampe dans le mollet gauche, mais une vraie, qui fait bien mal. Coli, m'étire la jambe, et le soir j'aurai droit à un petit massage avec de la pommade. Au Médoc, je m'étais cognée la tête contre le coffre, cette fois-ci j'ai une crampe très douloureuse. Bon, à quand un marathon, sans un couac avant le départ...
Direction la ville de Sceaux dans un restaurant très généreux sur leur quantité de raviolis dans les assiettes.
C'est la rencontre avec de nouveaux kikoureurs pour ma part, en fait tous. Arrivant les derniers, il faut faire le tour de toute la table.

en partant du fond : Anaïs, notre super photographe, Le Bagnard (Laurent), Mathias, L'Castor Junior (Cédric), Laurent05, Monstertruck (Domi) et Nono l'Escargot (Noëlle)

Chtigrincheuse (Françoise) et Chtigrincheux (Philippe), La Souris (Virginie), Hellaumax (Laurent), Ced'c'Bien (Cédric), Taz (Sandrine) et Astra Wally (Laurent)
Dès mon arrivée, j'ai à peine fini de dire bonjour, que je m'entends dire par Le Castor Junior : « tu viens d'où avec ton accent ». Voilà, déjà je suis repérée.
Le repas se passe dans la bonne humeur, malgré les assiettes presque vide et la serveuse loin d'être souriante.
Nous allons finir l'après-midi chez la Souris. Merci à toi, d'avoir accueilli tout ce monde. Comme l'a si bien dit Monstertruck et le Castor sur un post, nous nous sommes ennuyés, c'était nul, personne parlait, aucun sujet de conversation intéressant.

L'écureuil aidant la Souris à la vaisselle

Coli, Nono, Le Bagnard, Monstertruck, Chtigrincheux, Taz, Astra Wally, L'Castor Junior, La Souris, Ced'C'Bien, Chtigrincheuse, Moumie, Laurent 05 et Mathias
Bref, nous sommes tous partis à contre coeur quand même.
La pression monte d'un coup pour moi. En début de soirée, je reçois pleins de messages et d'appels, pour m'encourager. Mes parents qui m'appellent, me passent toute la famille, mon frère, ma belle-soeur et mon petit neveu de 5ans, qui n'arrête pas de dire : 'allez tatie, allez tatie, allez tatie ». Pff, on dirait, qu'il y a du monde qui pense à moi, quelle angoisse.
Nous mangeons et ensuite préparation des affaires. Alors, surtout ne rien oublier, et surtout pas le dossard, et la puce, mais aussi la montre, le short, les chaussettes, pff c'est pas gagné pour moi.
Ca y est, nous sommes parés... pour aller au lit.

On étudie la parcours même pendant l'apéro

Nono en pleine préparation
Dimanche 6 Avril :
JourJ. 5H45. Nous sommes presques 35000 fadas, réveillés de si bonne heure, à déjeuner comme on peut, tellement, il est difficile d'avaler quelque chose. On ouvre les volets et là, catastrophe, il pleut. Pas de panique, tout peut s'arranger encore, mais il fait froid.
Quand on part vers les 6h40, la pluie s'est arrêtée, mais le froid est toujours là. Je l'espérais et Sony l'a fait (heu, non pardon, je regarde trop la télé moi
) Bigout l'a fait, le téléphone a sonné (heureusement qu'il partait faire un trail vers Carcassonne, sinon, il ne se serait jamais levé si tôt pour m'appeler).
Dernier conseil, dernier encouragement. Tu t'es entraîné pour, tu vas y arriver, si tu as mal, tu t'arrêtes, n'oublie pas de boire, fais toi plaisir avant tout, si tu as trop mal, l'abandon n'est pas un échec (facile à dire quand c'est pas toi sur la ligne de départ), n'oublie pas les gels non plus.... A peine raccrocher, il rappelle : fais attention aux ravitos de ne pas glisser.
Pff, je m'effondre en larmes dans la voiture. Qu'est ce que je fais là? Coli pourquoi tu m'as embarqué dans cette aventure? Allez moussaillon, courage.
En allant prendre le métro, nous passons devant l'assemblée nationale, que paraît-il j'aurai dû voir aussi en courant. Pendant que je courais, des tas de monuments se sont volatisés par enchantement.
Le métro est plein à craquer, mais heureusement avec Nono, nous trouvons par la plus grande chance, deux places assises. Clémentine m'appelle me disant qu'elle ne trouve pas le point de rassemblement des kikoureurs.
Après quelques explications, c'est avec plaisir que je la vois parmi les kikous. Bonjour bonjour tout le monde.

Je ne veux pas dire, mais ces kikous, ils ont des questions bêtes, mais bêtes.
Ils me voient et me disent : « ça va? » « NONNNNNN, rien ne va, j'ai peur, j'ai encore envie de faire pipi, et ».... je recommence à pleurer et oui, quelle catastrophe je suis franchement.
On s'embrasse, on se tape sur les épaules, c'est génial. Chtigrincheux est là, pour mettre l'ambiance avec son mégaphone, surtout quand il lance aux personnes sortant de la bouche de métro : « Allez évacuation du métro... ».
Nous sommes tous, enfin je dirai toutes, sur les nerfs, mais c'est du bon stress. Dernier coup de téléphone à papa et maman, et à Brice. Décidemment, il faudrait que j'arrête. Je range le téléphone, ça y est je suis coupée du monde.
Direction le sas des 4h30 et plus. En rentrant dans le sas, encore vide, je vois quatre personnes portant un trapeau catalan. Je me précite sur eux, les embrasse, leur dit que je suis aussi de Perpignan. C'est génial, c'est un autre monde.
Et là, les instants que je vais vivre, sont tout simplement formidable. Ne me prenez pas pour une pleureuse, mais quand l'émotion (positive ou négative) est trop forte, les larmes coulent toutes seules, il m'est impossible de les retenir.
Ce qui fait, qu'en plus d'être déjà le bébé de la bande de kikoureurs du jour, au niveau âge, au niveau comportement je suis aussi un bébé. Je n'arrête pas de pleurer dès que je croise le regard de quelqu'un. ![]()
C'est indescriptible, mais je vais essayer de vous le résumer : je suis à Paris (3ème fois de ma vie que j'y monte), cela fait des mois que je m'entraîne pour ce marathon.
Dans ma tête tout se bouscule, ma vie monotone et sans intérêt pour le moment, le pourquoi je cours, personnellement, la boucle qui se boucle deux ans après, sur ce marathon (je ne veux pas m'expliquer, mais c'est très dur mentalement), une personne absente pour me voir arriver. Pff c'est très dur.
Et puis, il y a les yeux de Coli qui pétillent, content de voir que je suis là, le sourire de Taz, la joie sur son visage, la concentration de Nono, les idioties de Chtigrincheux et Monstertruck, avec en fond l'Arc de Triomphe, c'est trop pour moi qui suis très très émotive.
Alors, bientôt je m'entends dire, ce n'est pas Moumie qui tu aurais dû prendre comme pseudo mais Kleenex.![]()
Et alors, le comble aussi, Chtigrincheux qui me porte dans ses bras, afin que je vois le monde devant. C'est tout simplement IMPRESSIONNANT. Je suis sans voix et sans larmes, et oui.
Des kikous arrivent vers nous dans le sas, mais pardonnez-moi, je suis ailleurs, je me raccroche qu'à ceux que j'ai rencontré la veille, sinon... je vais craquer.
Et puis je rencontre, celle qui va m'aider tout le long du parcours : la kikoureuse Domid.
Elle me demande combien je veux faire, très prétentieuse je lui répond 4h30, et elle me demande si je veux bien courir avec elle, car elle aussi souhaite faire ce temps. Sa fille, baroudeuse sur kikourou, devait courir avec elle, c'était leur premier marathon à toutes les deux, mère-fille, mais malheureusement elle s'est blessée.
Le départ va être donné. Avant de partir, Coli me donne un dernier Homéofortil, contre les crampes, nous nous embrassons tous, et nous commençons à piétiner pour aller jusqu'à l'arche pas de Noé, mais de départ.
Je verse mes dernières larmes, çà y est, je vais partir. Les conseils de Brice me reviennent : fais attention à ne pas glisser tant il y aura des déchets par terre.
15Mns, il nous faudra 15mns pour franchir le ligne. C'est parti, plus de larmes, place aux choses sérieuses.
Je fais très attention sur les Champs Elysées, car il y a encore beaucoup de sacs plastiques (d'ailleurs un monsieur est tombé), et puis elle est en descente. J'évite de m'emballer par la petite pente et surtout par l'euphorie d'être là, sur les Champs Elysées.
La visite touristique de Paris commence. J'ai déjà perdu Nono et Coli, qui sont pas très loin derrière, quand même.
Pour le moment, avec Taz, Domid, Chtigrincheux et Monstertruck, nous visitons, nous profitons, nous sourions. Nous serons avec eux jusqu'à 5èmes kms environ, ensuite avec Domid, sans le vouloir, nous avançons. Pas bien vite quand même, nous faisons chaque kms en 7mns environ.
Un peu avant le ravitaillement du 10kms, nous décidons avec Domid de montrer nos fesses, pause pipi oblige. Tant pis, ils en ont vu d'autres et en verront d'autres. Les seuls qui ont l'air choqué, ceux quelques spectateurs sur le côté.
Cette pause nous permets de retrouver au ravito du 10, Taz et les deux garçons. Quel plaisir.
C'est d'ailleurs vers le 10kms, que nous croisons Astra et Chtigrincheuse, avec leur mégaphone pour nous encourager. J'ai profite pour leur laisser la banane que m'avait passé Coli la veille, elle me gêne.


Je prends mon premier gel, et nous mettons avec Domid en place notre tactique infaillible, tout le long du parcours.
Elle s'arrête pour manger et boire, quant à moi, je vais en courant jusqu'à la fin du ravito, je prends une bouteille d'eau, et je marche tout en prenant mon gel, et en attendant qu'elle me rattrape. Et surtout, rester toujours sur le côté gauche, pour ne pas se râter vu le monde.
Sans ce connaître, nous avions le même rythme et trouver une harmonie parfaire à mon goût qui convenait à toutes les deux.
Les kms défilent, sans trop s'en rendre compte. Nous sommes d'une régularité à faire peur. Chaque km est avalé en 7mns, sans trop forcer, sans difficultés. Chaque ravitaillement est pris tranquillement, chaque foulée, nous rapproche davantage de la ligne d'arrivée.
Nous arrivons dans le bois de Vincennes où il fait plus frais. Encore lucide, je remarque le château, l'hippodrome. Personnellement, j'ai trouvé cette partie un peu longue, monotone, car pas beaucoup de monde, pas beaucoup de monuments (enfin quand on sait qu'à la fin j'en ai vu aucun). Heureusement, il y a les blagues qui fusent sur la réputation des bois parisiens, pour me faire penser à autre chose qu'à la monotonie.
Avant de sortir des bois, pause pipi, toujours avec Domid, nous ne nous lâchons plus, nous ne faisons qu'une.
Arrivées vers le semi en 2h15, il y a plus de monde, et surtout cela nous fait penser à nos familles qui recevront nos temps de passage. Nous sommes bien, heureuse pour ma part.
Je croise Clémentine. Je suis contente de la retrouver sur le parcours. Malheureusement, son genou lui fait des siennes. C'est pas juste, elle ne le mérite pas, satané genou de malheur. Courage Cathie, je pense à toi.
Je pense que c'est à partir du semi que nous avons commencé à accélérer sans s'en rendre compte, nous sommes passées à 6mns le kms. Bon, nous tenons, alors pas de panique.
Mon genou commence à me dire, que je suis abrutie de courir, mais je ne l'écoute pas, c'est pas lui qui commande, c'est moi.
Entre le 25 et le 30èmes kms, j'en ai marre de courir. C'est la partie sur les quais, cela ne me plaît pas. En fait, je ne vois plus rien, même pas les monuments. Tout va bien physiquement, même moralement d'ailleurs, mais coup de moins bien, je sais pas.
De justesse, je me rend compte que j'ai la Tour Eiffel devant moi. Elle n'était pas assez grande certainement.
Ce qui m'amuse pour passer le temps, je regarde au loin des casquettes et les buffs. Dès que je vois kikourou, je m'approche et je crie 'Allez kikourou'.




Le passage des tunnels se passe bien. On m'avait tellement dit du mal sur ces tunnels, qu'ils étaient casse pattes... que je les ai appréhendé sans difficultés, car je m'attendais à quelque chose de beaucoup plus difficile.
Le seul tunnel horrible pour moi : le long tunnel noir, où je me suis sentie oppressée. Et là Domid a été formidable, elle m'a encouragé, m'a dit que l'on y était, que la sortie n'était pas loin, que j'allais y arriver.
35Ème : mon coup de moins bien. Il le fallait, il est là. Domid me distance de quelques mètres seulement. Je ne décroche pas une seule fois mon regard de son dos. Si je la quitte des yeux, c'est fini pour moi, je vais ralentir, je le sais, je le sens.
Je m'accroche, je dois l'aider à finir (bien qu'elle n'a pas besoin de moi), je ne dois décevoir personne et surtout pas moi. Pas maintenant, tu as toujours été régulière, je m'étonne moi même, pas une seule fois j'ai pensé à marcher, en dehors des ravitos. Jamais je n'y ai pensé, alors ne flanche pas.
C'est dur, et pourtant j'avance et comme le coup de moins bien est venu, ca va mieux d'un seul coup. Bizarre
Mais le ravito du 35ème est terrible. Nous repartons difficilement avec Domid. Au 40ème on ne s'arrêtera pas, sinon il sera difficile de repartir. Le plus dur est fait maintenant ce n'est que du bonheur.
Jusqu'à maintenant, je vous raconte mon parcours, mes sensations, mais jamais je ne vous parle de mes temps. Tout simplement parce que je ne les retiens pas d'une part, et puis, pour vous tenir en haleine aussi et que vous me lisiez jusqu'au bout.
Je me rends compte que grâce à notre régularité, nous pouvons arriver à faire 4h30.
Au 38èmes kms, je prends mon coup de fouet (un peu trop tôt mais tant pis). On s'approche, j'ai mal au ventre, car il ne reste rien à parcourir, ce n'est que du bonheur.
Brice le matin même quand il m'a donné les dernières recommandations m'a dit : « quand tu as mal, dis toi que ceux autour de toi ont mal aussi, tu n'es pas la seule ». C'est vrai, il a raison, ça marche de partout, même sur le ligne bleue que je me suis efforcée de garder en ligne de mire tout le temps.
Ah oui cette ligne bleue, j'allais oublier de vous en parler. C'était mon repère. Sans elle, j'étais perdue. Domid qui l'a vite compris, me montrait où elle était quand je la perdais de vue. C'est bête comme on se raccroche à des choses pour tenir. Au Médoc, c'était une éponge dans la main, à Paris ça sera la ligne bleue.
Je double, je me rapproche de la ligne bleue, j'économise mes pas, je pense à cette ligne d'arrivée, elle est pas loin, je le sais.
A partir du 40ème ce n'est que du bonheur. Avec Domid, et je m'en excuse, nous avons échangé preque aucune parole pendant le marathon, pour garder notre rythme et notre souffle. Mais bizarrement, je me sentais en communion avec elle. Nous avons accéléré doucement, tranquillement, on savait pertinnement l'une et l'autre que les 4h30 étaient là à notre portée, maintenant c'était sûr.
Les larmes commencent à monter. Pendant 30s d'ailleurs, je pers mon souffle à cause de çà. Non, je me contrôle, j'évite de penser à l'arrivée, mais c'est dur, car on la rêve.
Plus rien n'aurait pu m'arrêter. Je ne cours pas, je vole. Comme pour le Médoc, mes douleurs partent et même elles m'aident à avancer, à accéler.
Sortie du bois de Boulogne, Porte Dauphine, dernier virage, l'arche d'arrivée est là. On court, on accélère, on s'attend avec Domid, et nous franchissons la ligne d'arrivée main dans la main, fière et heureuse de finir en 4h31.
Evidemment, je pleure de joie dans ces bras. Merci Dominique de m'avoir aidé à réaliser cet exploit, sans toi, je n'y serai jamais arrivée.

Nous croisons de suite Le Lutin d'Ecouves, qui nous prends en photos. C'est l'euphorie, je suis complètement hagarde, en pleurs, tout simplement heureuse et sans paraître prétentieuse, fière de moi, d'avoir fait ce temps.
Je mange un peu, et c'est l'heure de se dire au revoir avec Domid, car elle part rejoindre sa famille.
Quand je sors, je retrouve Laurent (Astra) et Chtigrincheuse. Quel bonheur. Maintenant, on attend l'arrivée de tous les autres kikoureurs.
Cédric (Ced'C'Bien) est là ainsi que Laurent05, qui attendent avec nous. Chtigrincheuse en bonne maman, nous dit à Laurent05 et moi ne nous couvrir, que l'on va attraper mal.
Astra me laisse dans mon coin, savourer ces moments uniques, où l'on a envie d'être seule et d'être entouré en même temps.
Puis c'est l'explosion de joie. Tout le monde arrive en même temps : Nono, Taz, Coli, Clémentine, Montestruck, Chtigrincheux.
On se prend tous dans les bras, on pleure pour certains (ne cherchez pas, vous avez la réponse), on rigole. Le temps est suspendu.
Téléphone qui sonne, c'est Brice qui veut savoir si tout va bien. Ouuuuuiiiii, j'y suis arrivée, il est content ainsi que Michel avec qui il était à Carcassonne. D'entendre leur fierté, me fait pleurer, je n'ai plus de mots. Pourquoi tu n'es pas là?
Tout le monde a atteint son objectif, c'est super, franchement, les sourires remplacent tous les mots et effacent tous les maux.









Mathias et la Souris nous ont rejoint. Nous partons tranquillement vers le resto pour aller manger, car nous avons faim.
J'appelle mes parents avant pour leur dire que je suis encore en vie. Tout le monde est content, et quand j'entend mon frère me dire qu'il est fier de moi, c'est reparti pour une coulée de larmes.
Je tiens à faire mes excuses à tous ceux qui ont fini devant moi, soit plus de 22400 personnes, mais à la question de mon petit neveu : « tatie tu les a tous doublé? » J'ai répondu oui, après toi pour un jour j'étais une super tatie non?
Après le resto c'est l'heure des séparations. Moment jamais agréable, sauf quand on fait l'idiote. Par exemple, sans le faire exprès je me suis retrouvée coincer dans les portes du métro, il métait très difficile de descendre les escaliers, et pour finir j'ai failli râter le métro Coli et Nono étant déjà dedans, et moi encore sur le quai.
La soirée se passe à se remémorer cette journée et ce w-e formidable. Coli en profite déjà pour m'embarquer sur d'autres évènements comme la Saintélyon, aidé par Nono. Non, pour le moment, repos, ne me parler plus de courir, sauf derrière les pompiers de Paris alors.
Lundi, réveil à 6h, pour prendre le train à 7H20. Il neige sur Paris. Je suis triste de partir, j'ai mal au ventre, non je ne pleure pas, mais j'ai une grosse boule au ventre.
Désolée d'avoir était si longue dans mon récit, mais beaucoup de choses se sont passées ce w-e, et je voulais vous le faire partager.
Avant de finir, je voudrai remercier, d'abord les kikoureurs, excusez-moi si j'en oublie :
Coli, grâce à toi et à ta persuasion, j'ai vécu un w-e formidable, j'ai rencontré des personnes avec un coeur énorme
Taz pour ta zolie tasse et ton sourire
Domi, Chtigrincheux, et Chtgrincheuse, pour vos sourires, vos mots de soutien et vos bras lorsque je pleurais
Nono pour ta gentillesse et tes mots de réconfort. Promis on se fera d'autres w-e ensemble
Astra pour les encouragements
tous les kikoureurs rencontrés au restaurant, pour leur gentillesse
tous les kikoureurs qui avant et après le marathon, m'ont envoyé des messages de soutien
Ensuite, les plus chers à mon coeur:
ma famille, et surtout mes parents, qui m'ont aidé sur plusieurs plans, pour ce marathon
Brice pour ces conseils et surtout son soutien particulier sur un des posts
Et enfin et surtout :
Domid, sans qui jamais je n'aurai pu arriver à faire 4h30. Merci Dominique, cela a été un plaisir de courir avec toi

Commentaires
bravo à toi!!!!
on n'a pas pu vous voir, il a fallu jongler avec les différents sas, et comme le dit si bien astra wally, notre marathon des sous-terrain était aussi épuisant!
finalement, il est très bien passé ton marathon, alors oui, laisse-toi embarquer simplement, avec Coli, tu ne risques pas grand chose, tu es entre de bonnes mains amicales!
bonne récupération,
May
Je viens de dévorer ton merveilleux récit que j'attendais avec hâte....
Tu as fait une course magnifique, tes larmes ont été à égalité avec tes sourires et ta gentillesse..
Merci tout simplement !!!
Taz_super_fan
Génial cette perf,au-delà de tes espérances mais qui reflète bien ta prépa.
Merci pour cet émouvant CR.
Bises.
eric
Nous avons bien senti lorsque tu es passée avec Domid en nous faisant un coucou que vous étiez sur un bon rythme, bien partis pour tenir le chrono ... Le résultat est là, génial !!
J'espère que tes soucis à la jambe vont se résorber rapidement.
Encore bravo.
Loic
Ah ! Fabienne, qu'il est beau ton récit du marathon de Paris...
Qu'elle est belle ta perf de 4h31 alors que tu partais pour 5h...
Bravo, bravo, bravo ! Tu l'as superbement bien géré ce marathon.
Je suis vraiment contente de t'avoir enfin rencontrée et
d'avoir passé ce week end en ta compagnie. Et promis, la prochaine
fois, ce sera à Perpignannng ;-) ou en Alsace à Noël !
Bises - No
Récupère bien car maintenant la machine moumie est lancée et on ne l'arrête plus !
ça c'est du recit !
ça calme ....
Le bonheur que tu mets à raconter ce week end, a traversé mon petit écran pour me ramené vers l'essentiel que j'ai tendance à oublier par moment ; cad le plaisir de courir et de rencontrer des gens formidable !
bravo à toi , bravo pour ce courage, cette tenacité ....vivement qu'un jour, je sois assez courageux pour faire ce que tu as fais !
FELICITATION !
bise
clem
même pas trop long le récit. Par contre, je suis tout à fait d'accord avec toi, il est beaucoup trop long ce Tunnel :(
Bonne Récup
Pascal
même pas trop long le récit. Par contre, je suis tout à fait d'accord avec toi, il est beaucoup trop long ce Tunnel :(
Bonne Récup
Pascal
A très bientôt
Julia
C'est vivant, drôle, émouvant à la fois.
Pour une première fois , c'est presque un marathon d'anthologie .
En fait , avec les autres Kikous, vous êtes quasi arrivés dans un "mouchoir" :-))))).
Grand Bravo Fabienne
il est super ton cr tout comme ton temps.
Tu as géré ta course d'une main de maître et je suis super content pour toi et très fier de toi.
Comme je te l'ai déjà dis pour t'avoir vu t'entraîner durement et sérieusement tu méritais largement ce chrono et j'aurai étais triste que tu ne fasses pas ton objectif.
C'est sûr que j'aurai adoré être parmi vous et te voir terminer ton marahon comme une grande mais bon tu sais que financièrement c'était plus que délicat.
Tant pis tu seras là à Lyon pour me voir finir si je finis bien sur :-S
Vraiment un super WE avec de belles rencontres, dommage que tu ressente une douleur maintenant mais c'est le seul bémol de ce super WE.
Gros bisous.
Prends bien soin de toi, égaies ton appart le soir et ta vie car tu le mérites bien. Merci vraiment d'être venue, même sans celui_qui_aurait_du_être_là et je te dis à bientôt. D'ailleurs NoNo t'attends au plus tard pour la Saintélyon en solo!
Bizzz
Say
42.195 kms de bonheur, de plaisir, de moumie.
Bravo ou plutôt merci .....
La "petite" a tout d'une grande, Tu as réalisé un très joli chrono mais surtout maitrisé cette course de A à Z.
Tu as été notre rayon de soleil durant ce WE, d'ailleurs dès que tu es partie, il a neigé.
Bonne récupération et à bientôt .
Domi
PS: Tu vas pouvoir faire remonter la bière au chti maintenant.
une course tres bien maitrisée
merci pour ce beau récit avec beaucoup d'émotion
j'ai presque attrapé ta maladie:o)
à très bientôt sur autre petite coursette
change rien que du bonheur
bisous
laurent
Ton récit m'a transporté, je l'ai pas vu passé.
Je comprend en lisant que tu te sentes seule cette semaine après avoir vécu un week-end aussi riche en émotions.
à bientôt j'espère.
Et ce cr qui est plus qu'émouvant... Bravo à toi, bonne récup et peut étre à bientôt sur une course
Je me rappellerai longtemps l’expression de ton visage quant je t’ai hissé sur mes épaules pour contempler l’avenue des champs …. Une marée humaine chargée d’émotion positive, touts unis par la même passion.
Prend conscience de tes valeurs, prend confiance en toi, accepte toi.
J’ai confiance en toi, en tes capacités
Tu es loin d’être au bout de tes limites
Contente de t'avoir croisée avec domid , meme si vous etiez trop rapide pour moi :-)
Bonne recup et peut etre une autre fois sur une course .
chrystellem
j'ai du te voir passer au km2 et 41!!
remets toi bien de ton marathon
au plaisir de te rencontrer!!!!!!!!
Effectivement tout y est. La bonne humeur, l'émotion, (même les larmes), l'humour, la joie de vivre une énorme aventure de 4h30' dans la capitale !
Bravo, et merci pour ce bel exploit moumie.
JC
Bises
Je viens de recevoir un communiquer par lequel la Seine est en train de débordé tellement tu y a laissée des larmes de joie et d'émotions.
Le Bébé Kikoureuse, nous a beaucoup touché pendant ce Week-end de pure folie, tu es vraiment touchante, je suis hyper content d'avoir fait ta connaissance.
Ton récit n'est pas trop long du tous, je dirais que c'est un véritable plaisir de le lire.
Tu as tous d'une grande championne, toute mes félicitation pour ce Marathon et pour ton récit
Encore BRAVO
Au plaisir de te revoir
Gros bisous
Céd
Clap Clap la moumiiiiie, c'est quoi le prochain objectif ? Millau ? ou Leucate plage pour bronzé ?
Bisous
Le Big
En tout cas bravo pour ta remarquable gestion de course, et j'ai été, comme tout le monde, enchanté de te croiser (trop vite) Porte de Versailles.
Ton cr est vraiment terrible, je te trouve autant passionnante que passionné, merci.
J'espère que tes jambes vont mieux ...
Bisous !
Zak.
bises
Lola
Ton récit, ta perf et tout et tout...tout est extra.
Taz peut te remercier de recupérer un peu de moucherons.
En tout cas encore bravo à toi et Domid.
bonne récup................. et bon Sainté !!
bravo
donc écoutes ....juste un grand BRAVO pour ta mémorable perf et un très grand MERCI pour ces moments très forts que tu viens de nous faire vivre ...et a bientôt sur les petits chemins perpignanesques....
L'Ourson_tu_viens_à_la_Rochelle_le_30/11/08?!!..;-))
a bientot
domdom
bon, en plus d'avoir fait un beau marathon, rédigé un beau récit, tu viens je crois de battre le nombre de commentaires sur un CR !
Preuve de l'intérêt du-dit récit !
J'ai pris beaucoup de plaisir à le lire, ce que tu y racontes est universel, mais tu le racontes très bien, alors merci et bravo pour tout !
Récupère bien, et à la prochaine !
Biz
Alain
Pfff vous êtes toutes trop fortes les filles, quand vous préparez un truc, c'est du sérieux et c'est une réussite parfaite, je suis vraiment impressionné.
Maintenant repose toi bien et onattend la prochaine course avec impatience pour pouvoir déguster encore un merveilleux récit de moumie ...
A+ Philippe
Tu as été transformée par les autres kikous ou quoi? Un récit de 3 pages (que j'ai lu avec passion jusqu'au bout, si si!!), des photos en pagaille, un chrono de ouf!!!
Bon, bien sûr, tu n'étais pas tout à fait prête psychologiquement d'où ces quelques larmichettes.
Tu as encore fait l'unanimité autour de toi par ta sensibilité et ta gentillesse, mais çà moi je le savais depuis longtemps.
A te revoir bientôt...avec Brice!!
A un de ces jours..
Je ne suis pas une grande narratrice (comme toi)...cependant, je voulais te dire que tu as très bien retranscrit toute notre complicité sportive durant toute la course.
Je te remercie très vivement car grace à toi, il me restera de ce 1er marathon un souvenir de grande joie à l'accomplissement de ce sport...la course à pied...et le souvenir inoubliable de réel bonheur de franchir la linge d'arrivée.
Bien à toi et au grand plaisir de te recroiser durant une course.
DOMID /Dominique
A bientôt, j'espère
je suis toute émue du récit que je viens de lire et qui retranscrit très bien ton émotion, ta joie. C'est trop génial ce que tu as vécu là.
Bravo Fabienne, bravo. T'es une championne !!
Bravo pour ton MDP super reportage .
dommage je ne t'ai pas vue.
Je t'invite aux Laveuses tu pourras voir l'echassier.
sportivement
au fait vote pour notre affiche Les Laveuses
rubrique bistro art running
Merci
Jilles
Bravo à toi tu as géré tout ceci, ton parcours, tes émotions de main de maître.
Félicitations fabienne.
--
JC
Quelle ambiance chez les kikous, ça me donne des regrets, mais en famille, c'est pas simple de tout combiner.
Au plaisir de te rencontrer sur les courses du sud.
Tu l'as fait
Ton récit est très vivant et on se plonge bien dans la course, dans ta course.
Le marathon est une épreuve solitaire même si il y a des gens qu'on connait à côté de nous, c'est au profond de notre égo que l'on va chercher la gnack pour continuer à avancer.
Tu regardais le dos de Domid en te disant qu'il ne fallait pas lacher, c'est cela la hargne, l'envie d'aller au bout.
Bonne récup.
Bisou
Pour avoir couru dernièrement aux côtés de DOMID, je comprends que cela ait pu t'aider car elle observe une grande régularité dans sa foulée : une vraie meneuse d'allure... Encore une belle fierté des kikoux de l'Ain !
Bonne récup à toi et passe un super week-end avec Bigout pour le MDL !!!
Tu as le vent dans le dos Moumie, Continue !
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